Comprendre l'urine des lapins

La couleur de l’urine des lapins peut varier au cours du temps sans que cela ne soit pathologique. Plusieurs couleurs sont possibles de façon physiologique : translucide, jaune ,orange, rose, rouille, rouge, brun…

 

Chez la plupart des mammifères, comme chez l’homme, l’absorption du calcium alimentaire est dépendant et régulé par la vitamine D3. L’excès de calcium alimentaire est donc éliminé par les selles.

Chez le lapin, ce n’est pas le cas : la vitamine D3 n’intervient pas et l’absorption de tout le calcium alimentaire est passive. L’excès de calcium du sang est donc éliminé par voie rénale et se retrouve dans les urines. Le lapin élimine ainsi 45 à 60% du calcium absorbé dans ses urines.

Il faut également savoir que le pH de l’urine des lapins est basique (de l’ordre de 8,2).

Ce pH basique et la forte concentration en calcium des urines leur donne un aspect épais et crémeux qui est normal et qui ne doit pas inquiéter.

La couleur rouge est souvent causée par l’oxydation de pigments d’origine végétale, sauf en cas de cystite avec présence de sang.

Urines de couleur normale:

Urine jaune devenant rouge en séchant :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Urines jaunes :                                                         Urines rosées :

 

 

 

 

 

 

 

 

Urines rouilles :                                                     Urines translucides :

De nombreux facteurs interviennent dans la couleur des urines : concentration des urines, alimentation, etc…
L’urine des lapins contient toujours une certaine quantité de sédiments. Ceci est normal. Le système excréteur du lapin fonctionne de cette manière
afin d’éliminer le surplus de calcium dans le corps.

Une particularité du lapin est qu’il absorbe tout le calcium contenu dans son alimentation (contrairement à l’homme) : celui-ci est éliminé par voie rénale, dans les urines. Une forte concentration en calcium dans les urines peut se traduire par une couleur blanche voire du sable ou de la boue urinaire. Il faut porter une attention particulière à l’alimentation des lapins pour éviter d’apporter trop de calcium : choisir des granulés de bonne qualité dont la teneur en calcium est adaptée, éviter le foin de luzerne trop riche en calcium, faire attention à la teneur en calcium de l’eau de boisson…

 

Urines chargées en calcium :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une alimentation de qualité est essentielle pour les lapins pour prévenir de nombreux problèmes de santé (urinaires, digestifs et dentaires). L'une des caractéristiques du lapin est sa faculté de produire des urines d'aspects et de couleurs très divers. Les urines d'un lapin peuvent varier du translucide au brun en passant par toute une gamme de coloris : jaune pâle, jaune vif, orange, rosé, rouille et rouge. Tout ceci est NORMAL chez le lapin. La coloration des urines dépend de l'alimentation, du taux d'hormones, de l'oxydation et probablement d'autres facteurs encore mal connus. 

 

Urine pâteuse

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un changement de couleur des urines n'est pas un motif d'inquiétude ni de consultation chez un vétérinaire. En revanche la présence de sable, d'un grand nombre de cristaux de calcium, de boue urinaire, de sang ou pire, l'absence d'urine, sont des motifs de consultation !


 

 

La présence de calcium dans les urines est tout aussi normale que les variations de coloration. Le lapin a un métabolisme particulier, il évacue par les urines tout le calcium dont il n'a pas besoin pour fabriquer ses os ou ses dents. Si son alimentation est équilibrée, la dose de calcium évacué reste raisonnable mais si le régime est très riche en calcium (granulés de mauvaise qualité + eau riche en calcaire + foin de luzerne + mauvais équilibre de la verdure) le lapin doit évacuer trop de calcium et les urines s'épaississent au point de former de la boue urinaire ou du sable.

Il arrive aussi que les cristaux de calcium ne puissent pas être évacués et forment des calculs dans la vessie du lapin. Ces calculs, s'ils sont gros ou bouchent l'urètre, empêchent alors le lapin d'uriner.

 

Vue microscopique des cristaux contenus dans l’urine de lapin

L’absence de sédiments est indicative d’insuffisance rénale.

  

Une urine pâteuse peut être traitée de façon non-invasive par le vétérinaire. Une manière effective de « laver » la vessie sans utilisation de cathéter consiste à administrer des fluides sous-cutanés, suivi de médicaments diurétiques comme par ex. le furosémide. La procédure peut être répétée après 24 heures si tout le sédiment n’a pas été évacué. L’administration de valium permet de détendre le sphincter de la vessie et de vider le contenu de cet organe plus facilement.

Une autre procédure consiste à introduire un cathéter dans la vessie du lapin anesthésié. Cette procédure est douloureuse et le lapin doit recevoir des médicaments antidouleur pendant quelques jours. Un calcul ne peut en général être enlevé que par voie chirurgicale.

La présence de sédiments dans la vessie peut être accompagnée de rétention d’urine. Si la quantité de sédiments est conséquente, uriner et vider complètement la vessie est difficile. La vessie se distend et sa taille devient de plus en plus grande.

 

 

Urolites

Le développement de néphrolites et urolites - calculs rénaux et de la vessie - est régulièrement observé chez les lapins, indépendamment de l’âge et de la race. Les mâles semblent plus exposés au développement de calculs, due à leur long urètre.  Ces calculs sont des agrégations de cristaux, durs comme de la pierre, qui existent en une variété de formes et de tailles. Lorsque les calculs sont minuscules, on les nomme "grains de sable".

Le calcium et la formation de calculs ne sont pas forcément liés à la présence de calcium dans la nourriture. D’autres phénomènes jouent un rôle, qui n’ont pas été élucidés à ce jour. Une cause de la formation de calculs est l’élévation du pH de l’urine, pour une raison inconnue (alimentation, bactéries).

L’augmentation du pH urinaire favorise le développement de bactéries et les infections des voies urinaires. Au sein de la vessie, les bactéries vont excréter des déchets (ammonium) et une enzyme (uréase) qui va dégrader l’urée. Ceci entraîne une augmentation du pH de l’urine. Un pH plus alcalin cause la précipitation des cristaux de struvite (struvite = magnésium, ammonium, et phosphate) et la formation de calculs.

Les bactéries les plus communes sont Escherichia coli, Proteus sp. and Staphylococcus sp., plus rarement des vraies bactéries anaérobies sont isolées. Leur présence peut être confirmée en envoyant un échantillon d’urine à un laboratoire d’analyse (l’urine est normalement stérile). Il est aussi possible de garder le calcul après un traitement chirurgical afin de faire une culture bactérienne de la partie centrale ou une analyse de sa composition. En effet, certaines bactéries sont associées à certains types de calculs, par ex. Staphylococcus et les calculs de struvite.

 

 

 

Une urine épaisse, la présence d’un calcul, une infection de la vessie ou des reins ou une infection des voies urinaires ou des organes reproducteurs sont souvent accompagnés de traces de sang dans l’urine.

 

Du sang sec est présent dans le cercle formé par l’urine

 

 

 

Grande perte de sang, lié à une cystite chez une lapine

 

 

 

Urines rouges

Des calculs urinaires peuvent être responsables de la présence de sang dans les urines : on parle d’hématurie. Attention, les calculs urinaires peuvent empêcher les animaux d’uriner et dans ce cas, il s’agit d’une urgence. On peut également observer du sang dans les urines lors de cystites, tumeurs vésicales, tumeurs utérines (rencontrées chez les lapines non stérilisées)… Cela se traduit par des filets de sang dans des urines plus claires, par des caillots de sang (lors de tumeurs utérines notamment) ou par des urines colorées uniformément en rouge.

Les urines des lapins peuvent aussi devenir rouges après leur émission par oxydation de pigments d’origine végétale contenus dans les urines. Cela est à bien distinguer d’une hématurie où les urines sont rouges dès leur émission. (après consommation de pissenlits par exemple, les urines deviennent rouges, comme pour nous êtres humains après la consommation de betterave)

 

Quand la calciurie physiologique, devaient pathologique

 

 

 

 

 

 

Comme tous les herbivores, le lapin a des urines alcalines dans lesquelles le calcium va précipiter sous forme de cristaux insolubles. En trop grande quantité, ces cristaux vont épaissir les urines qui seront blanchâtres. On parle de boue vésicale ou de sablose urinaire.

Une agrégation de ces cristaux peut, en seulement quelques semaines, mener au développement de calculs urinaires à n'importe quel étage de l'appareil urinaire (urètre, vessie, uretères, reins). On retrouve essentiellement des cristaux de phosphate ou de carbonate de calcium.

 

Différentes formes de calculs de lapins

 

Les symptômes liés à ce type de maladie sont de la douleur lors des mictions, des urines colorées (orange à rouge) voir des urines très épaisses et blanches. Les lapin(e)s peuvent aussi être malpropres et faire des petits "pipis" un peu partout.

Le développement de néphrolites et urolites - calculs rénaux et de la vessie - est régulièrement observé chez les lapins, indépendamment de l’âge et de la race. Les mâles semblent plus exposés au développement de calculs, due à leur long urètre.  Ces calculs sont des agrégations de cristaux, durs comme de la pierre, qui existent en une variété de formes et de tailles. Lorsque les calculs sont minuscules, on les nomme "grains de sable".

Les composants minéraux de base des calculs urinaires sont habituellement le struvite (magnésium, ammonium ou phosphate), l’oxalate, le carbonate, l’acide urique, l’urate ou la cystine. Chez les lapins, les calculs sont souvent composés de carbonate de calcium ou d’oxalate déshydraté.

 

Urines à surveiller car pouvant être le signal d'un problème urinaire plus ou moins grave

 

Présence de sable dans les urines                                              Petit tas de sable

 


 

 

 

Urines extrêmement chargées en calcium

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La couleur des urines ne permet donc généralement pas de déterminer à elle seule si le lapin est malade. Des urines de couleur rouge-orange peuvent être normales comme être dues à de graves maladies… 

Une consultation chez un vétérinaire est conseillée dans les cas suivants :

* sang dans les urines

* sable ou boue urinaire (épaississement important des urines)

* douleur lorsque le lapin urine

* douleur abdominale

* absence d’urine

 

En effet, tous ces symptômes peuvent être le signe de problèmes urinaires. Le vétérinaire examinera votre animal et réalisera s'il y a besoin d'examens complémentaires (analyse urinaire, échographie ou radiographie abdominale) pour établir un diagnostic.

Les lapines non stérilisées peuvent souffrir d’une infection de l’utérus (pyomètre) se traduisant par des pertes vulvaires purulentes à ne pas confondre avec de l’urine. Une consultation en urgence chez un vétérinaire est nécessaire.

Les problèmes urinaires sont fréquents chez les lapins. Il faut savoir qu’ils sont prédisposés à certains calculs urinaires car leur métabolisme du calcium est particulier.

 

Comment se développent les troubles urinaires chez le lapin ?

Un excès de calcium dans l’alimentation du lapin entrainera donc forcément une excrétion urinaire importante donc une hypercalciurie.

Si en plus de cela le lapin reçoit des vitamines ou minéraux, s’il est en surpoids, s’il manque d’exercice, s’il ne boit pas assez, alors toutes les conditions sont réunies pour le développement de calculs urinaires.

Toute affection entrainant une impossibilité d’uriner normalement va également favoriser ces troubles : douleur musculo-squelettique (comme la spondylose), pododermatite, dermatite périnéale, etc…

Le lapin présentera alors les symptômes suivants :

* douleur à la miction, anurie (absence totale d’urines)

* hématurie (sang dans les urines)

* urines sableuses

* incontinence

* signes généraux : abattement, anorexie, perte de poids…

* signes cutanés : dermatite liée à la souillure de la zone périnéale par l’urine

Une cystite bactérienne peut survenir suite à l’irritation par la boue vésicale de cristaux.

 

 

Il faut bien sûr consulter un vétérinaire qui prendra en charge la douleur dans un premier temps et mettra des mesures en place pour favoriser la diurèse (fluidothérapie). Une couverture antibiotique sera probablement ajoutée pour éviter les surinfections bactériennes.

Si un ou plusieurs calculs volumineux sont présents dans la vessie une intervention chirurgicale sera nécessaire.

Ensuite il faut absolument rechercher les facteurs favorisants pour les éliminer : limiter l’apport de calcium dans l’alimentation en ne donnant pas de granulés ni de foin de luzerne, arrêter tout complément en vitamines et minéraux, veiller à ce que le lapin boive suffisamment (100 mL/kg/jour) et faire attention à ce que l’eau ne soit pas trop calcaire.

Il faudra également surveiller le poids de votre lapin et lui faire faire de l’exercice.

 

Les causes exactes amenant à la formation de calculs rénaux ou de la vessie ne sont pas connues, il existe néanmoins une variété de facteurs qui contribuent à leur formation :

 

Causes physiologiques:

•       une prédisposition génétique, qui affecte le fonctionnement des reins.

•       la présence de bactéries dans la vessie.

•       une maladie rénale qui influence la sécrétion de calcium.

•       une maladie de la vessie, avec modification des couches muqueuses recouvrant la paroi, due à la présence de bactéries pathogènes or de néoplasie (tumeurs, polypes).

•       obésité, arthrose, qui entraîne une rétention de l’urine

•       changement du pH de l’urine.

Causes liées à l’environnement du lapin:

•       consommation réduite d’eau, due à une difficulté de boire d’un biberon, d’un biberon défectueux, un bol retourné, manque d’eau fraîche, ou addition de médicaments dans l’eau.

•       impossibilité d’uriner, due à un bac à chat sale, ou placé à un faux endroit.

•       suppléments de calcium.

•       carence en vitamine B6, entraînant la formation et la sécrétion d’oxalates.

 

 

 

Consultez votre vétérinaire!

Lors de la consultation il/elle fera le point avec vous sur l'alimentation de votre lapin et sur vos impressions sur ses urines (aspect et couleur, fréquence de miction, présence de douleur...).

Des examens d'imagerie médicale sont indispensables pour le diagnostic de certitude et un éventuel traitement chirurgical. La radiographie est réalisée en première intention. Elle permet de mettre en évidence une sablose vésicale et les calculs radio-opaques suffisamment grands pour être détectés. Cela signifie que l'absence de calcul sur une radio ne permet pas d'écarter l'hypothèse à 100%. L'échographie peut alors être proposée pour détecter d'éventuels calculs invisibles à la radio, et surtout pour les localiser, ce qui n'est pas toujours facile à faire avec la radio seule. La localisation des calculs est une étape indispensable avant d'intervenir chirurgicalement.

Eventuellement, une prise de sang avec un dosage des paramètres sanguins rénaux (urée et créatinine) au moins, peut être requise. Un bilan plus complet sur un animal âgé ou en mauvais état général peut aussi être envisagé.

Le traitement d'une sablose peut passer par un lavage vésical sous sédation. Il consiste à rincer la vessie avec du sérum physiologique via une sonde qui remonte par les voies naturelles jusque dans la vessie. Un traitement de fond sous forme de phytothérapie peut aider à augmenter l'élimination des urines chargées de calcium.

Dans le cas d'un calcul, la chirurgie est souvent inévitable chez le mâle mais peut parfois être évitée chez la femelle, chez qui l'urètre est plus large. Il est donc possible de l'extraire par les voies naturelles dans certains cas.

Chez le lapin, il n'est pas possible de dissoudre les calculs en modifiant l'alimentation comme on peut le faire dans certains cas chez le chien et le chat. De même les essais de lithotrypsie (le fait de "casser" les calculs à l'aide d'ultrasons) se sont révélés inefficaces et délétères pour les tissus autour de la vessie. La chirurgie est donc la seule option dans la majorité des cas.

 

Mieux vaut prévenir que guérir!

Afin de prévenir les problèmes d'hyper-calciurie, il est recommandé de limiter la quantité de calcium dans la ration alimentaire. Attention! Limiter, ne veut pas dire supprimer! Le calcium est un élément indispensable à la bonne croissance et à la santé de votre lapin (nécessaire à la formation et à l'entretien du squelette et des dents, au fonctionnement des muscles...).

Le calcium peut être ingéré de 2 manières : par l'alimentation et par l'eau. On jouera donc sur les deux plans pour diminuer la quantité de calcium alimentaire.

L'eau : l'eau du  robinet est parfaitement adaptée pour votre lapin. Cependant, dans les zones de bassin calcaire (bassin parisien, bassin aquitain entre autres), l'eau courante est souvent riche en calcium. Il est alors recommandé d'opter pour de l'eau en bouteille pauvre en calcium, <15 mg/L. A vos étiquettes!

 

L'alimentation :  

On retrouve du calcium en grande quantité dans les granulés et mélange de graines du commerce. Il est donc conseillé de distribuer des granulés uniformes en quantité très limitée et d'opter pour des granulés uniformes contenant au moins 20% de fibres. Personnellement je ne donne pas de granulé uniformes, pour la raison qu'il s'agit de foin compressé. Autant donner du foin! Les lapins ne pouvant pas se faire les dents sur des petits aliments comme ces granulés, ils se les font en mastiquant longuement les herbes les plus longues. Pour moi, les granulés doivent représenter un apport nutritionnel. Je leur distribue du coup du mixte une fois par semaine.

On préfèrera un foin de phléoles de type Timothy plutôt qu'un foin contenant de la luzerne, très riche en calcium.

Enfin, il est nécessaire de faire attention à la quantité de légumes riches en calcium (comme l'endive, le persil ou le pissenlit). Tout est une question de dosage!

Ce régime est également conseillé comme traitement hygiénique lors du diagnostique d'une sablose ou de calcul(s).

Attention, dans certains cas, même une ration pauvre en calcium ne permet pas d'éviter le développement de calculs ou d'une sablose. Dans ces cas, d'autres facteurs peuvent être responsables notamment un problème anatomique ou plus rarement infectieux.

Le calcium contenu dans la nourriture du lapin est souvent accusé d’être la cause de la formation de calculs rénaux et de la vessie. Alors que l’équation plus de calcium dans la nourriture = plus d’excrétion de calcium est vraie, on a montré qu’une alimentation riche en calcium conduit à une calcification des reins (et de l’aorte) et à l’excrétion excessive de calcium, et non à la formation de calculs. On a par contre observé qu’une courte obstruction des voies urinaires entraîne inévitablement la formation de calculs. Les causes d'une telle obstruction peuvent être la présence de calculs en forme de grains de sable, d’une infection bactérienne, d’un abcès ou de néoplasie (tumeur, polypes).

Ainsi, le contenu en calcium de l’alimentation n’entraîne pas la formation automatique de calculs, mais est un facteur contributeur. Il est important de trouver la cause principale ou les maladies sub-cliniques.

Afin de réduire le calcium dans l’alimentation, on conseille parfois de nourrir les lapins avec une nourriture pauvre en calcium et/ou d’arrêter de donner des granulés. Ceci n’est pas un bon conseil. En effet, les lapins ont des dents à croissance continue, et ont donc besoin d’un apport journalier de calcium.

Une alimentation pauvre en calcium ou dépourvue de granulés peut entraîner une carence en minéraux et éléments nutritifs.

 

Signes cliniques

 

Un lapin qui souffre de calculs souffre souvent de douleurs. Par conséquent, son appétit diminue, il est déprimé et peut gémir lors de l’urination. Souvent l’urination est longue et accompagnée d’un égouttement. Dans certains cas, l’urine est tellement riche en sédiments (carbonate de calcium) qu’elle prend une consistance pâteuse et tache la région péri-anale.

De l’hématurie est régulièrement observée. La quantité de sang dans l’urine varie entre :

•       quantités microscopiques, qui peuvent seulement être déterminées au moyen d’un test ou par microscopie,

•       grandes quantités de sang qui colorent l’urine en rouge ou en brun. Cette dernière doit être différenciée de la présence de porphyrine, un pigment végétal qui colore naturellement l’urine en orange ou rouge.

NOTE:   chez les lapines, l’origine du sang doit être déterminée, afin d’exclure toute maladie du système reproducteur. Dans ce cas, l’apparition de sang a lieu à la fin de l’urination et forme en général une tâche au milieu de la flaque d’urine. Cette condition est sérieuse et requière un traitement rapide.

 

Plusieurs possibilités de traitement existent selon la taille des calculs.

Lorsque des "grains de sable" sont présents dans la vessie, une cathéterisation, suivie d’un lavage apportent de bons résultats. L’’expression manuelle de la vessie n’est pas recommandée, car cet organe se rompt facilement chez le lapin, d’autant plus en présence de petits calculs qui peuvent bloquer l’urètre.

L’insertion d’un cathéter est relativement simple chez le mâle et ne requière qu’une injection de of butorphanol tartrate et l’application de lidocaine sur la prépuce (peau recouvrant la pointe du pénis).

Chez les femelles, une anesthésie complète est nécessaire pour placer le cathéter. La femelle est placée en position ventrale, avec les membres inférieurs tombants sur les côtés de la table. Le cathéter est introduit aveuglément, son placement correct est confirmé par une radiographie.

Une autre approche est d’anesthésier le lapin et de lui administrer du diazepam, afin de relaxer le sphincter, avant de placer le cathéter.

La vessie est soigneusement rincée avec une solution saline tiède, puis le liquide est aspiré au moyen d’une seringue. Des solutions alcalines tièdes doivent être utilisées pour laver la vessie, les solutions acides peuvent causer des dommages.

Au cas où le lapin ne pourrait pas être anesthésié, une méthode alternative consiste à donner une grande quantité de fluide sous-cutané (dans les limites sûres), suivie d’un diurétique (par exemple le furosémide). Ceci peut être répété pendant plusieurs jours, à chaque fois chez un lapin bien hydraté.

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